J’aimerais apporter un éclairage sur une capacité vitale pour tout individu dans sa vie personnelle comme dans sa vie professionnelle : la confiance. La confiance peut tout changer, selon si vous la ressentez ou pas… Elle est, selon moi, un véritable marqueur de notre société. Car la confiance est au cœur des besoins exprimés aujourd’hui, individuellement et collectivement, pour réduire l’incertitude dans notre société et donc le sentiment de risque, et ainsi, permettre à chacun de se projeter sereinement vers un futur qu’il envisage comme possible.

La confiance a pris une dimension toute particulière dès les premières semaines de la crise sanitaire. Dans les entreprises, elle s’est trouvée exacerbée par la nécessité pour les dirigeants et les managers de déployer le travail à distance en responsabilité, en limitant les moyens de contrôle. Dans la société toute entière, elle s’est vue questionnée au regard des nombreuses inconnues qui ont jalonné l’évolution de la pandémie et des décisions prises par le gouvernement pour tenter d’en limiter les effets sur la population. Force est de constater que la confiance ne va pas de soi… Elle n’est pas quelque chose que nous devons considérer comme acquis une fois pour toutes. C’est une œuvre que nous devons consolider, chérir et préserver soigneusement. La confiance est un choix !

Dans le contexte des élections présidentielles, nous voyons chaque jours les dégâts causés par les postures de méfiance, voire de défiance, développées par certaines personnalités politiques, car elles génèrent une véritable crise de confiance vis-à-vis de nos institutions et de la société dans son ensemble. Un fléau que nous avons la responsabilité d’enrayer tant il nous entraîne dans un engrenage délétère et nous enferme dans une vie étriquée, cynique et insatisfaisante. Nous devons prendre conscience que chercher à obtenir des résultats en détruisant la confiance est une stratégie court-termiste car elle s’avère insoutenable dans le temps…

« La confiance est partie intégrante de la trame de notre société. Nous comptons sur elle. Nous la tenons pour acquise jusqu’au moment où elle est altérée ou détruite. Nous réalisons alors, dure prise de conscience, que la confiance est sans doute aussi vitale pour nous que l’est l’eau pour un poisson. Sans confiance, une société se désintègre et finit par imploser. » Stephen M.R. Covey

Fort heureusement, comme toute capacité humaine, la confiance se cultive. Il est à la portée de tout un chacun d’apprendre comment établir, accorder et restaurer la confiance autour de soi. Une « confiance intelligente », synonyme de discernement, moteur de l’action et catalyseur de la relation !

Dans son ouvrage « Le pouvoir de la confiance, l’ingrédient essentiel de l’épanouissement et de la performance », Stephen M.R. Covey, l’homme d’affaires et conférencier américain évoque une « économie de la confiance » à travers une formule simple qui fait de la confiance une variable tangible et quantifiable. Sa formule est basée sur une idée décisive : la confiance affecte toujours deux facteurs, la vitesse et le coût. Quand la confiance baisse, la vitesse baisse aussi et le coût augmente. Quand la confiance augmente, la vitesse augmente aussi et les coûts décroissent.

« L’impact pratique très tangible de l’économie de la confiance se mesure dans beaucoup de relations, dans beaucoup d’interactions, où nous payons un impôt masqué de basse confiance sans même nous en apercevoir ! »

Selon Stephen M.R. Covey, cet impôt basse confiance ne se limite pas à l’activité économique. Il est perceptible dans tous les secteurs, dans toutes les relations, interactions, communications, dans chacune de nos décisions, bref dans tous les aspects de la vie. Dans une entreprise, une confiance élevée améliore la communication, la collaboration, l’exécution, l’innovation, la stratégie, l’engagement, les partenariats et les relations avec toutes les parties prenantes. Dans notre vie personnelle, une confiance élevée améliore nettement notre enthousiasme, notre énergie, notre passion, notre créativité et la joie dans nos relations avec la famille, les amis et la communauté. De toute évidence, les dividendes de la confiance ne se limitent pas à une augmentation de la vitesse et de la rentabilité ; ils se retrouvent dans une satisfaction accrue et une meilleure qualité de vie.

Ce livre vous donne une paire de « lunettes pour la confiance » car pour la plupart des gens, la confiance est une variable invisible. Ils n’ont pas conscience de son impact dans nos relations et notre épanouissement. Mais une fois qu’ils ont chaussé les « lunettes de la confiance », ils détiennent la clé qui va améliorer aussitôt leur efficacité dans tous les domaines.

Choisir de « faire confiance » !

La confiance est une forme supérieure de motivation et d’inspiration. Rien n’est aussi puissant que l’influence de la confiance quand elle se propage.

Nous avons tous été soumis un jour ou l’autre à des situations de manque de confiance : contrôle tatillon, jugement, rétention d’informations, suspicion… Et nous avons pu éprouver les effets négatifs de ces comportements sur notre engagement, notre enthousiasme, notre créativité et sur le déploiement de notre énergie. A l’inverse, dans des situations où la confiance nous a généreusement été accordée, nous avons pu nous montrer inspirés, libérant le meilleur de nous-même.

Pour créer un environnement de confiance optimal, dans votre famille comme dans votre cadre professionnel, il est bien sûr nécessaire d’être digne de confiance et de savoir construire des relations confiantes à tous les niveaux. Mais c’est votre capacité à « faire confiance » qui est le facteur décisif.

Pour Stephen M.R. Covey : « Accorder sa confiance aux autres régénère l’élan intérieur, aussi bien le leur que le nôtre. Cet acte touche et éclaire la propension innée que nous avons tous à faire confiance et à nous montrer dignes de confiance. La confiance apporte le bonheur dans les relations, les résultats dans le travail et la foi dans la vie. »

Pour apprendre à placer judicieusement sa confiance et développer une « confiance intelligente », deux qualités sont nécessaires : une propension à la confiance et une capacité d’analyse.

  • La propension à la confiance est une affaire de cœur. C’est l’aptitude, le penchant, la prédisposition à croire les gens dignes de confiance et le désir spontané de la leur accorder. La force de cette tendance peut être liée à votre caractère, à la façon dont les êtres importants de votre vie vous ont ou ne vous ont pas accordé leur confiance. Elle peut résulter aussi de votre expérience – bonne ou mauvaise – quand vous avez accordé votre confiance à autrui, ou, comme c’est sans doute le cas, d’une combinaison de ces paramètres.
  • L’analyse est une affaire rationnelle. Entre alors en jeu votre capacité d’examiner, d’évaluer, d’échafauder différentes hypothèses, d’en déduire les conséquences, d’en tirer des conclusions et décisions à la fois logiques et réalistes. Votre capacité d’analyse est, elle aussi, liée à vos talents naturels, à votre éducation, à vos réflexes de pensée, à votre profil psychologique et à vos expériences passées.

Une faculté d’analyse élevée alliée à une forte propension à faire confiance permettent de développer l’intuition nécessaire à un jugement lucide et sage. Cette capacité à la « confiance intelligente » est littéralement effervescente ! Elle stimule une dynamique qui fait émerger sans cesse de nouvelles possibilités.

Les cinq vagues de la confiance, de l’intérieur vers l’extérieur…

A l’image d’une onde circulaire à la surface de l’eau, qui se propage de l’intérieur vers l’extérieur par vibrations, la confiance est une force qui se déploie en nous selon cinq vagues. Elle commence au niveau individuel, se propage à nos relations, s’étend à notre cadre professionnel, aux relations professionnelles hors entreprise et jusque dans nos relations sociales en général. La confiance reflète cette approche de « l’intérieur vers l’extérieur » : pour construire la confiance avec les autres, nous devons commencer par nous-mêmes.

1ère vague : la confiance en soi
Le principe de crédibilité

La première vague concerne la confiance que nous avons en nous-même – dans notre aptitude à nous fixer et à atteindre des objectifs, à tenir des engagements, à mettre en accord nos paroles et nos actes – ainsi que la confiance dans notre capacité à inspirer confiance aux autres. L’idée est de devenir pour nous-même comme pour autrui une personne digne de confiance.

La confiance en soi repose entièrement sur la crédibilité, de la racine latine credere, « croire », c’est-à-dire sur votre capacité à développer 4 fondements qui vous rendent crédible à vos propres yeux comme aux yeux des autres :

  • L’intégrité. C’est la cohérence intérieure, l’accord entre les paroles et les actes.
  • L’intention. C’est-à-dire tout ce qui concerne vos motivations, vos objectifs, et le comportement qui en découle.
  • Les capacités. Ce sont les aptitudes que vous possédez et qui inspirent confiance – vos talents, attitudes, compétences, connaissances et votre style.
  • Les résultats. Ce sont vos états de service, vos performances, votre capacité à optimiser une situation donnée.

2ème vague : la confiance relationnelle
L’importance de l’attitude

La confiance relationnelle est centrée de A à Z sur l’attitude… la cohérence de votre comportement. Le principe-clé qui sous-tend cette vague est un comportement cohérent, à savoir la maîtrise du langage et des attitudes adaptées pour instaurer et développer la confiance.

Comme je l’ai évoqué dans mon article [ Cultiver son langage, c’est prendre soin de soi et des autres… Pour tisser des liens sincères et durables ] Parler le langage de la confiance, c’est construire une éthique du dialogue ; un dialogue fondé sur le respect et la dignité de chacun. C’est aussi concevoir le langage comme un agent de liaison, d’échange et d’intégration plutôt qu’un facteur de division. Cette éthique du dialogue ne se résume pas à un simple échange de paroles. Elle suppose que l’on respecte certaines règles, comme être de bonne foi, écouter, accepter l’objection, être prêt à reconnaître ses erreurs… Car le langage de la confiance doit permettre la recherche d’une vérité partagée dans le dialogue.

Selon Stephen M.R. Covey, 13 attitudes améliorent sensiblement votre capacité à instaurer la confiance dans toutes vos relations, aussi bien personnelles que professionnelles :

  • Parlez franc. Soyez honnête. Dites la vérité. Faites clairement connaître aux autres votre position. Utilisez des mots simples. Appelez un chat un chat. Ne manipulez pas les gens et ne déformez pas les faits. Ne trahissez pas la vérité. Ne laissez pas une fausse impression.
  • Faites preuve de respect. Sentez-vous sincèrement concerné par les autres et montrez-le. Respectez la dignité de chaque personne. Traitez chacun avec respect, avec désintéressement. Ne simulez pas la sympathie et oubliez la « rentabilité » dans vos rapports avec les autres.
  • Créez la transparence. Dites la vérité d’une manière vérifiable par autrui. Soyez vrai, sincère, ouvert et authentique. Péchez par excès de communication et ne dissimulez pas les informations. N’ayez pas d’intentions cachées.
  • Corrigez vos erreurs. Rectifiez le tir lorsque vous avez tort. Sachez présenter des excuses et réparez autant que possible. Faites montre d’humilité. N’étouffez pas l’affaire et ne laissez pas votre orgueil freiner la réparation.
  • Montrez-vous loyal. Reconnaissez les contributions d’autrui. Parlez des gens comme s’ils étaient présents. Prenez la parole pour les absents, uniquement s’ils ne sont pas là pour se défendre. Ne critiquez pas les gens dans leur dos et ne révélez pas d’informations privées sur autrui.
  • Fournissez des résultats. Établissez un historique de vos résultats. Faites bouger les choses. Faites ce pour quoi vous avez été embauché. Ne promettez pas plus que vous ne pouvez tenir. Ne vous cherchez pas d’excuses quand vous manquez de résultats.
  • Améliorez-vous. Augmentez vos capacités. Soyez toujours en position d’apprenant. Agissez en fonction des retours obtenus et remerciez ceux qui vous apportent ces retours. Ne vous considérez pas au-dessus de ça. N’imaginez pas que vos talents et votre savoir d’aujourd’hui seront suffisants pour relever les défis de demain.
  • Affrontez la réalité. Abordez de front les problèmes. Engagez la conversation avec courage et n’hésitez pas à formuler les non-dits. Sachez apaiser votre interlocuteur. N’éludez pas les vraies questions et ne vous enfouissez pas la tête dans le sable.
  • Précisez les attentes. Ne supposez pas que vos attentes sont claires ou connues. Discutez-les. Validez-les. Et renégociez-les si besoin. Mais ne les décevez pas.
  • Exigez des comptes. De vous-même et des autres. Assumez les résultats. Veillez à bien expliquer ce que vous faites – et ce que font les autres. Ne vous dérobez pas devant les responsabilités et ne blâmez ou n’accusez pas les autres quand les choses tournent mal.
  • Commencez par écouter. Écoutez avant de parler. Écoutez avec vos oreilles mais aussi avec vos yeux et votre cœur. Pour comprendre, puis posez un diagnostic. Découvrez quelles sont les attitudes qui touchent les gens avec lesquels vous travaillez. Ne vous imaginez pas savoir ce qui est le plus important pour eux. Ne vous imaginez pas détenir toutes les réponses – ni toutes les questions.
  • Tenez vos engagements. Dites ce que vous allez faire, et faites ce que vous avez dit. Ne vous engagez pas à la légère. Ne trahissez aucun secret. N’essayez pas de « noyer le poisson » pour vous libérer d’un engagement non respecté.
  • Sachez faire confiance. Soyez enclins à faire confiance. Faites-le généreusement avec qui a su la gagner. Faites-le sous conditions avec qui est en train de la gagner. Apprenez à faire confiance avec à-propos, en fonction de la situation, du risque et de la crédibilité de la personne concernée. Mais gardez le cap : ne bridez pas votre confiance par peur du risque.

3ème vague : la confiance organisationnelle
Le principe d’intégration

La confiance organisationnelle montre comment les leaders peuvent susciter la confiance dans tous types d’organisations et d’équipes. Le principe-clé qui sous-tend celle-ci est l’intégration.

La priorité pour tout dirigeant ou manager est de s’attacher à instaurer la confiance en soi et la confiance relationnelle autour de lui, et bien entendu à obtenir la confiance de ses équipes. Pour favoriser la confiance organisationnelle, il doit s’employer à piloter sa structure, sa stratégie, ses processus en s’appuyant sur les 4 fondements et les 13 attitudes que nous venons d’appréhender dans les deux premières vagues. Il s’agit ici d’intégrer les méthodes qui développent la confiance dans tous les rouages de l’organisation.

Procédures bureaucratiques, règles pointilleuses ou inéquitables, attitude inadaptée d’un dirigeant sont autant de symboles, de représentations d’une culture d’entreprise, et de ce qui ne fonctionne pas dans une organisation. Il convient donc pour les responsables d’harmoniser l’organisation et ses méthodes avec les principes qui développent la confiance.

Et, dans votre entreprise, dans votre organisation à vous, qu’en est-il des symboles ? Quel message adressent-ils à vos collaborateurs en interne ? Ces symboles sont-ils en accord avec les principes qui créent un haut niveau de confiance ? Et quels sont les résultats ? Pour améliorer l’intention organisationnelle, assurez-vous que votre mission et vos valeurs reflètent des motivations et des principes qui permettent de bâtir la confiance.

4ème vague : la confiance du marché
Le principe de réputation

La confiance du marché se joue tout entière sur la marque ou la réputation. Elle repose sur un sentiment : celui qui va vous faire acheter des produits ou des services, investir votre argent ou votre temps, ou recommander cette marque à vos relations.

La confiance du marché concerne des acteurs extérieurs. Il s’agit des fournisseurs, des distributeurs et des investisseurs ou des clients, mais le plus simple à ce stade pour vous c’est de les considérer comme vos « clients ».

Si une organisation renforce ses quatre fondements et adopte les treize attitudes avec ses clients, elle sera capable d’accroître sensiblement la valeur de sa marque. Ces fondements et ces attitudes sont les clés de la construction de la crédibilité et de la confiance sur le marché. Et, n’oubliez pas : la confiance que vous serez capables de créer dans votre organisation et sur le marché résultera de la crédibilité que vous aurez d’abord créée en vous-mêmes.

5ème vague : la confiance sociétale
Le principe de la contribution

Une société à confiance élevée est une société d’abondance dans laquelle chacun a plus de choix et de possibilités. L’axiome n° 1 de la confiance sociétale est la contribution. C’est l’intention de créer de la valeur plutôt que d’en détruire, de donner plutôt que de prendre, qu’il s’agisse d’individus qui cherchent à se rendre utiles ou de grandes sociétés qui acceptent de servir non seulement leurs actionnaires, mais toutes leurs parties prenantes à travers leur visée humanitaire ou sociale.

L’essentiel des contributions qui donnent leur âme à nos sociétés est le fait d’individus ordinaires qui, un peu partout dans le monde, apportent leur pierre à l’édifice commun.

Comme nous le confie Stephen M.R. Covey : « C’est vous et moi qui prenons la décision consciente de valoriser et d’investir dans le bien-être des autres. C’est vous et moi qui répercutons cette décision dans tous les aspects de notre vie. »

Nous voyons avec cette cinquième vague combien la confiance rayonne à partir de l’estime de soi, avant de se propager à nos relations, à nos organisations et puis au marché, pour s’étendre à la société dans son ensemble. La citoyenneté est un choix individuel qui engage une vie entière. Et quand nous faisons ce choix dans notre vie, nous incitons celles et ceux avec qui nous travaillons et vivons à faire des choix aussi positifs dans leur propre vie. Ensemble, nous bâtissons des organisations et des familles qui contribuent au bien-être du monde.

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